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Episode01

Le bus ne s'arrêta pas à l'arrêt demandé. Le panonceau placardé au dessus de la tête du chauffeur proclamait : "Pas de signe, pas d'arrêt". Seulement Mike Marshall était à l'intérieur du bus et ne pouvait pas faire signe au chauffeur, à moins d'appuyer sur un des petits boutons rouges dissimulés çà et là à l'intérieur de la carlingue, ce qu'il avait tenté de faire à plusieurs reprises sans aucun effet. Il entrepris donc d'attirer l'attention du chauffeur en se jetant sur lui afin de lui faire remarquer que :

1/ C'était mon arrêt, mais vous pouvez me poser ici, merci.

2/ C'était vraiment pas nécessaire de freiner aussi brutalement alors que le feu était à peine orange.

Le chauffeur prit ces remarques avec affabilité et bonne humeur avant de laisser l'outrecuidant quidam descendre de son véhicule sans attendre. Les chauffeurs de bus new-yorkais sont presque aussi aimables que les autres chauffeurs de bus, malheureusement Mike Marshall n'aimait pas du tout les chauffeurs de bus et ceux qui ne s'arrêtaient pas à son arrêt en formaient la pire espèce.

Le hall d'entrée de la KinderElectrics était étincelant de blancheur à faire pâlir une pub pour dentifrice, comme chaque matin. Comme chaque matin, Mike Marshall eu l'intéressante idée de se saisir d'un des pots de peinture qui traînaient sous un échafaudage dressé là par une des compagnies qui passaient leur temps à repeindre les couloirs de l'immeuble et de le répandre avec art au milieu de l'étendue vierge et limpide. Il caressa un instant la séduisante idée, avant d'être interrompu par une tarte aux phalanges matinale qui vint s'écraser sur son épaule gauche.

- Alors Michel, pas trop dur d'aller au boulot ce matin ?

La seule créature capable de rivaliser avec la blancheur éclatante du hall d'entrée se dressait fièrement sur ses chaussures vernies, arborant un sourire de ceux qui vous font instantanément vérifier que votre montre est toujours à votre poignet et votre portefeuille en place.

- Bonjour Richard.

Michel 'Mike' Marshall et Richard 'Ricky' Rhapsody étaient deux collègues de bureau, pas vraiment étouffés par une franche et fraternelle camaraderie, mais contraints par la force des choses de se croiser tout les matins, parfois même dans la journée, activité cependant rendue difficile par leurs emplois du temps respectifs comme vous pourrez le deviner par la suite. Fort de cette réjouissante rencontre, Mike Marshall pris l'ascenseur climatisé diffusant une musique d'ambiance parfumé à la lavande qui le déposa au 5ème étage : 'O.P.R.D'. Les quatre lettres clignotaient patiemment sur le fronton de la cabine, attendant que l'occupant veuille bien dégager. L'occupant en question se dirigea vers son bureau, exécuta une séquence qui eu pour effets successifs de sortir l'ordinateur de sa torpeur nocturne, d'identifier le nouveau venu, de vérifier l'absence de messages d'un quelconque intérêt et enfin de remettre la machine en état comateux, prête cependant à informer les éventuels requerreurs que l'utilisateur était en rendez-vous.

Ce rituel matinal effectué, Mike Marshall dirigea son air morne et sa gueule mal rasée vers la machine à café, lieux de rencontre si il en est et accessoirement principal poste de travail du département. Le café n'était pas vraiment fameux. Mike resta quelques instants indécis, son gobelet vide à la main, sachant que l'excuse de l'attente du refroidissement du café ne pouvait pas être utilisé dans l'état actuel des choses, qu'il n'avait pas envie de prendre un second café, qu'il n'avait donc aucune raison de rester planté là. Ce qu'il fit pendant encore plusieurs minutes, estimant que le simple fait de rester dans l'expectative pourrait bien l'occuper quelques instants.

De retour vers l'ordinateur comateux, Mike s'assit sur la chaise fatiguée qui s'affaissa légèrement sous son poids, la pression s'équilibra dans un soupir. Il tendit ses jambes sous le bureau, enfonçant ses pieds dans le fouillis de câbles, puis il contempla les docs, dossiers, rapports qui s'entassaient de part et d'autre de l'écran monstrueux qui trônait comme un dieu païen sur son piédestal de silicium. Une nouvelle séquence de frappes révéla une de ces surprises qui font la joie des DHGR et l'abattement des OPRD, une convocation en rendez-vous. Dans la demie heure. Par la créature éblouissante du hall d'entrée. Une nouvelle comme on voudrait qu'il en arrive plus souvent à son meilleur ennemi mais qui n'apporte pas grand chose à l'épanouissement personnel de début de journée.

Toujours aussi morne, attendant patiemment que le café daigne faire une première tentative pharmaceutique afin de le réveiller un tant soit peu, Mike Marshall se dirigea à pas traînants vers l'ascenseur, toujours aussi frais, musical et parfumé, qui le monta de deux étages. Les lettres D.H.G.R clignotaient patiemment, bien conscientes que l'utilisateur matinal n'était en rien pressé, puis les portes se refermèrent lentement, laissant l'individu perdu dans l'étage inconnu, seul. Et ce qui devait arriver arriva. Il ne fut plus seul, tarte à la phalange surgit de nulle part, lui broya l'épaule droite pour faire bonne mesure, et l'entraîna sans plus attendre dans son antre à baie vitrée donnant sur central-park.

Le sourire éclatant s'affala dans son profond fauteuil tandis que l'instrument contondant indiquait un siège d'un geste amical.

- J'ai reçu ce matin un bien étrange colis, du service de recherche, il nous l'envoie pour 'tests en conditions réelles', sourit costume-trois-pieces. Aussi comme il est stipulé dans la notice que ce gadget est destiné autant aux décideurs qu'au exécutants, je vous ai fait monter. Appuyez là voulez-vous ? Conclut Ricky.

Une petite boite noire munie d'un petit bouton rouge surgit sur le bureau, délicatement poussée par le décideur.

- La notice est assez explicite et concise, elle dit 'appuyer ici'.

Mike Marshall reconnu bien volontiers que c'était là les mots exacts qui étaient inscrits en lettres noires sur fond jaune juste sous le petit bouton rouge qui surmontait la boite noire.

- Excusez moi, mais.. heu... pourquoi moi ? Je veux dire, je le ferais volontiers, mais, vous aussi.. non ?

- Hé bien, ce serait avec joie, mais vous comprenez bien que ce n'est qu'un prototype, d'une machine aux effets inconnus qui plus est, nous ne pouvons donc nous permettre de mettre en danger la vie des éléments cadres de notre société. Appuyez donc, ce n'est qu'un mauvais moment à passer, de plus il est fort probable que ça ne marche pas et que rien ne se passe.

- Parce que si ça marche, il est censé se passer quoi exactement ?

- Je ne sais pas, vous verrez bien.

Et la poigne délicieusement manucurée appuya délicatement mais fermement le doigt de Mike Marshall sur le petit bouton rouge de la petite boite noire. Tout d'abord, il ne se passa rien. Quelques secondes d'attente muettes se prolongèrent. Et se prolongèrent encore. Puis les deux individus se laissèrent retomber sur leur siège, mi-soulagés mi-déçus, vaguement indécis sur la marche à suivre en cas de défection évidente totale et inopinée du gadget préalablement aux tests. Et alors l'univers disparu.

Fin de l'épisode pilote.

Je rappelle à ceux qui marmonnent 'et alors ?' que ceci est un feuilleton, et donc, que le but recherché est justement que le lecteur marmonne 'et alors ?' à la fin de chaque épisode.

Billy Bilboquet.